Compte bancaire professionnel USA : comparatif et guide d’ouverture pour entreprises françaises
Pas de facturation possible. Pas de réception de paiements. Pas de prestataires payés sur le sol américain.
Sans compte bancaire professionnel US, votre expansion reste bloquée au point mort.
C’est l’un des premiers obstacles concrets que rencontrent les entrepreneurs français en phase de lancement aux États-Unis. Banques traditionnelles qui exigent une visite en agence, fintechs entièrement en ligne, documents inconnus comme l’EIN ou les Articles of Incorporation… le paysage bancaire américain n’a rien à voir avec le système français.
D’après l’IRS, l’obtention d’un Employer Identification Number (EIN) est un prérequis obligatoire pour toute ouverture de compte professionnel aux USA. Rien ne démarre sans ce numéro. Et le timing est crucial : certaines banques mettent plusieurs semaines à traiter un dossier étranger.
Ce guide compare les meilleures options bancaires, détaille les documents requis et les pièges à éviter — y compris si vous êtes encore en France au moment de lancer les démarches.
Pourquoi un compte bancaire américain est indispensable
Recevoir des paiements sans friction
Les virements ACH sont le standard des transactions B2B aux États-Unis. Sans compte US, impossible de les recevoir ou de les émettre.
Des plateformes comme Stripe, PayPal ou Square exigent un compte bancaire américain pour débloquer toutes leurs fonctionnalités. Et chaque paiement international depuis votre banque française implique des frais de conversion, des délais et une complexité administrative qui ralentissent votre activité au quotidien.
En pratique, vos clients américains s’attendent à payer par ACH ou par carte. Leur proposer un virement international vers la France, c’est ajouter de la friction dans un processus qui doit rester absolument fluide.
Construire votre crédibilité locale
Les entreprises américaines préfèrent travailler avec des fournisseurs disposant d’un routing number et d’un account number US. Facturer en dollars depuis un compte américain envoie un signal fort : vous êtes un acteur sérieux, implanté localement.
Dans un marché où la rapidité et la simplicité de paiement sont des signaux de professionnalisme, ce détail fait une vraie différence.
C’est aussi le point de départ de votre credit history business. Cet historique de crédit professionnel sera essentiel pour accéder aux baux commerciaux, aux lignes de crédit et à certains contrats publics par la suite.
Les documents à préparer avant toute démarche
Quelle que soit la banque choisie, le socle documentaire reste le même.
Bonne nouvelle : si votre LLC ou Corporation est déjà immatriculée aux États-Unis, vous avez probablement la plupart de ces documents en main. Voici la checklist complète :
- Entité juridique enregistrée aux USA (LLC ou Corporation)
- EIN délivré par l’IRS — comptez 2 à 4 semaines après l’immatriculation
- Articles of Organization (pour une LLC) ou Articles of Incorporation (pour une Corporation)
- Passeport de chaque associé détenant 25 % ou plus du capital
- Operating Agreement (recommandé par certaines banques, exigé par d’autres)
- Adresse physique aux États-Unis (les exigences varient selon les établissements)
L’EIN s’obtient gratuitement auprès de l’IRS, mais le processus prend généralement entre deux et quatre semaines. C’est la toute première étape à lancer, bien avant de contacter une banque.
Préparez également un court descriptif de votre activité et de votre business model en anglais. Certaines banques le demandent lors du processus de vérification KYC (Know Your Customer). Avoir ce document prêt en amont vous évitera des allers-retours inutiles.
Comparatif des trois meilleures options pour entreprises françaises
Trois options se démarquent pour les entreprises françaises, selon votre profil et votre stade d’expansion. Voici ce qu’il faut savoir sur chacune avant de faire votre choix.
Mercury — la fintech des startups internationales
Mercury s’est imposée comme la référence pour les fondateurs non-américains. L’ouverture se fait entièrement en ligne, sans jamais mettre les pieds aux États-Unis.
Pas de frais mensuels. Pas de solde minimum. Virements ACH domestiques gratuits.
Mercury accepte les fondateurs français, à condition que l’entreprise soit enregistrée aux USA et dispose d’un EIN valide. Pour vérifier les conditions complètes, consultez la page d’éligibilité de Mercury.
Point important : Mercury exige désormais que les entreprises démontrent une forme d’opérations américaines dans les six mois suivant l’ouverture du compte. C’est une exigence de conformité imposée par ses partenaires bancaires. Les comptes sont assurés FDIC via Choice Financial Group et Column N.A.
Délai d’approbation moyen : 3 à 5 jours ouvrés. Idéal pour les startups, SaaS et activités digitales sans manipulation d’espèces.
Relay — la gestion multi-comptes pour PME structurées
Relay propose un plan gratuit (Starter) permettant de créer jusqu’à 20 comptes chèques sous une même entité. Un atout majeur pour séparer vos flux dès le premier jour : opérations, taxes, épargne, paie.
Deux plans payants complètent l’offre : Grow à 30 $/mois et Scale à 90 $/mois, avec des fonctionnalités de facturation automatisée et un meilleur rendement sur l’épargne. Les virements sortants coûtent 5 $ en domestique et 10 $ à l’international.
L’intégration native avec QuickBooks et Xero simplifie la comptabilité au quotidien. Relay est particulièrement populaire auprès des entrepreneurs qui appliquent la méthode Profit First, grâce à sa capacité à créer des comptes dédiés par catégorie de dépense.
Comme Mercury, Relay est une fintech. Les services bancaires sont fournis par Thread Bank, membre FDIC. Idéal pour les PME structurées et les équipes avec plusieurs postes de dépense.
Wells Fargo — la banque traditionnelle pour une présence institutionnelle
Si vous avez une présence physique aux États-Unis, Wells Fargo reste une option crédible. Le Navigate Business Checking donne accès à un réseau de plus de 4 500 agences et à des services bancaires complets, incluant les virements en devises étrangères.
L’ouverture nécessite toutefois une visite en agence. Les frais mensuels sont évitables avec un solde minimum quotidien de 10 000 $. Et le processus KYC est sensiblement plus exigeant pour les entreprises étrangères.
Idéal si vous disposez d’un bureau aux USA, si vous manipulez des espèces ou si vous recherchez une crédibilité bancaire institutionnelle auprès de partenaires ou d’investisseurs.
Cinq pièges que les entrepreneurs français rencontrent systématiquement
Même avec la bonne banque, certaines erreurs reviennent régulièrement. Voici les cinq pièges les plus fréquents.
Lancer les démarches avant d’avoir l’EIN. C’est un prérequis non négociable, et aucune banque ne fera d’exception. Anticipez le délai de 2 à 4 semaines après la création de votre LLC pour recevoir ce numéro.
Confondre adresse du registered agent et adresse opérationnelle. Mercury, notamment, exige désormais une preuve d’opérations US. D’autres banques refusent les adresses de registered agent comme adresse principale du compte.
Sous-estimer les vérifications KYC. Les banques américaines appliquent des procédures rigoureuses dans le cadre du Patriot Act. Préparez un dossier complet avec tous les documents de la société et des associés avant de soumettre votre demande.
Ignorer la question du multidevises. Si vous gérez des flux EUR/USD réguliers, un service complémentaire comme Wise Business optimisera vos transferts internationaux. Les virements SWIFT depuis votre banque française peuvent coûter entre 15 et 50 € par transaction, sans compter la marge sur le taux de change.
N’ouvrir qu’un seul compte. Séparer vos comptes — opérations courantes, taxes, épargne — dès le départ vous évitera des complications comptables et fiscales majeures. C’est un réflexe que la plupart des entrepreneurs américains adoptent d’emblée.
L’accès bancaire aux États-Unis s’est considérablement simplifié grâce aux fintechs comme Mercury et Relay. Plus besoin de traverser l’Atlantique pour ouvrir un compte professionnel. Le choix entre ces options dépend de votre situation spécifique : présence physique ou non, volume de transactions, complexité de votre trésorerie.
Mais le compte bancaire n’est qu’une brique dans votre expansion US. Ce qui fait vraiment la différence, c’est un système complet d’acquisition client adapté au marché américain. Pour construire ce système et générer des résultats concrets, prenez rendez-vous pour diagnostiquer votre stratégie d’acquisition client U.S.
Et si vous souhaitez d’abord comprendre la méthode complète, téléchargez notre guide sur les 5 étapes pour acquérir des clients américains de manière prévisible.
