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Combien de temps pour créer une société aux États-Unis

créer une société aux États-Unis, par Christina Rebuffet

Créer une société aux États-Unis prend entre 24 heures et six semaines, selon l’État choisi et le montage retenu. Voilà la réponse courte. La réponse longue mérite votre attention, car l’immatriculation ne représente en effet qu’une fraction du calendrier réel.

Depuis vingt ans, j’accompagne des dirigeants industriels français sur le marché américain. La question du délai revient donc à chaque premier rendez-vous. Elle cache presque toujours une autre question : quand pourrai-je facturer mon premier client américain ?

Le délai réel pour créer une société aux États-Unis

L’immatriculation elle-même va vite. Dans le Delaware, une LLC ou une C-Corp est ainsi enregistrée en 24 à 48 heures avec l’option accélérée.

Sans cette option, comptez plutôt cinq à dix jours ouvrés. Le Wyoming et le Nevada affichent également des délais comparables.

En revanche, la Californie et New York traitent les dossiers plus lentement. Deux à quatre semaines en procédure standard restent donc la norme.

Cependant, une entité immatriculée n’est pas une entité opérationnelle. Trois jalons supplémentaires conditionnent en effet votre capacité à travailler.

L’immatriculation, la partie facile

Le dépôt des statuts se fait en ligne dans la plupart des États. Vous désignez notamment un registered agent, vous payez les frais, et le certificat arrive par e-mail.

Le choix de l’État pèse ainsi davantage sur vos obligations futures que sur le délai initial. J’ai détaillé ce raisonnement dans mon article sur l’État où immatriculer son entreprise américaine.

L’EIN, le vrai goulot d’étranglement

L’EIN est votre numéro fiscal fédéral, délivré par l’IRS. Un demandeur disposant déjà d’un numéro fiscal américain l’obtient par exemple en ligne, en quelques minutes.

Un dirigeant français sans numéro de sécurité sociale américain, lui, passe par le formulaire SS-4. L’envoi se fait par fax ou par courrier, et le délai grimpe donc à quatre ou six semaines.

J’ai vu des dossiers traîner deux mois entiers. Par conséquent, je conseille de lancer la demande d’EIN le jour même où le certificat d’immatriculation arrive. Le mode d’emploi complet figure aussi dans mon guide pour obtenir un EIN.

Les délais indicatifs, État par État

Voici les ordres de grandeur que j’observe sur le terrain, en procédure standard puis accélérée :

  • Delaware : 5 à 10 jours ouvrés, ou 24 heures en accéléré.
  • Wyoming : 3 à 7 jours ouvrés, souvent moins.
  • Nevada : 5 à 10 jours ouvrés.
  • Texas : 5 à 15 jours ouvrés.
  • New York : 2 à 4 semaines, plus la publication légale obligatoire.
  • Californie : 2 à 5 semaines selon la charge du Secretary of State.

Ces durées bougent avec la saisonnalité. Janvier et la fin d’année fiscale concentrent en effet les dépôts, donc les files s’allongent.

Les délais officiels sont publiés par chaque Secretary of State, par exemple la Division of Corporations du Delaware. Vérifiez-les avant de vous engager sur une date auprès d’un client.

Un piège concerne notamment New York. La publication dans deux journaux locaux coûte parfois plus cher que la création, et elle ajoute aussi six semaines au calendrier.

Le compte bancaire allonge le calendrier

Sans compte bancaire américain, votre société existe sur le papier mais n’encaisse rien. Or c’est précisément ici que la plupart des projets patinent.

Les banques traditionnelles demandent souvent une présence physique du dirigeant en agence. Le rendez-vous, le visa et le billet d’avion pèsent donc sur le planning.

Les néobanques professionnelles ouvrent un compte à distance en quelques jours, une fois l’EIN obtenu. Toutefois, elles refusent certains secteurs, notamment la défense et les dispositifs médicaux.

Comptez ainsi deux à six semaines après l’EIN. J’ai décrit l’enchaînement optimal dans mon article sur l’ouverture d’une entité US sans être résident.

Ce qui fait vraiment déraper les délais

Quatre causes reviennent systématiquement dans les dossiers que je reprends en cours de route.

Premièrement, un nom de société déjà déposé dans l’État visé. La vérification prend dix minutes en amont et évite ainsi deux semaines de retard.

Deuxièmement, une structure de détention floue. Quand l’actionnariat de la maison mère française est complexe, les banques posent en effet des questions et le dossier stationne.

Troisièmement, une adresse de correspondance non conforme. Une simple boîte postale est notamment refusée par plusieurs administrations.

Enfin, l’absence de décision sur la forme juridique. Hésiter entre une LLC et une C-Corp en cours de route fait donc repartir la procédure à zéro.

Faut-il créer une société aux États-Unis avant d’avoir des clients ?

Dans la majorité des dossiers que je traite, la réponse est non. Le marché se teste avant de se structurer.

Vous pouvez en effet prospecter, qualifier et signer des lettres d’intention depuis la France. Une facture peut aussi partir de votre entité française pendant la phase de test.

L’entité américaine devient nécessaire quand un client exige un fournisseur local, quand vous recrutez sur place, ou quand vous stockez de la marchandise. Ces trois signaux déclenchent la décision, pas l’inverse.

Par ailleurs, une société créée trop tôt coûte cher à maintenir. Les frais annuels, la comptabilité et les déclarations fédérales tombent même sans chiffre d’affaires.

Le coût du temps perdu

Un trimestre de retard sur un marché américain se paie rarement en euros directs. Il se paie en fenêtre commerciale ratée.

J’ai vu un fabricant français perdre un référencement chez un distributeur parce que son entité n’était pas prête à la date promise. Le distributeur avait déjà signé avec un concurrent allemand.

Anticiper le délai pour créer une société aux États-Unis fait donc partie intégrante de votre plan commercial. Ce n’est pas une formalité administrative à traiter en fin de parcours.

Le rétroplanning que je recommande

Partez de votre première facture américaine et remontez le temps. Voici donc la trame que j’utilise avec mes clients.

  1. Semaine 1 : choix de la forme juridique et de l’État, vérification du nom.
  2. Semaine 2 : dépôt des statuts et désignation du registered agent.
  3. Semaines 2 à 8 : demande d’EIN auprès de l’IRS.
  4. Semaines 8 à 12 : ouverture du compte bancaire et mise en place de la comptabilité.
  5. Semaine 12 : première facturation possible.

Trois mois, donc, pour un dossier propre et sans mauvaise surprise. Ce chiffre correspond à ce que je constate sur le terrain, et non à une promesse commerciale.

Si vous êtes pressé, sachez également qu’une partie du travail commercial n’attend pas l’entité. La comparaison entre les formes d’implantation possibles vous aidera aussi à trancher plus vite.

Créer une société aux États-Unis sans perdre de temps

La vitesse ne vient pas d’un prestataire miracle. Elle vient en effet de décisions prises dans le bon ordre.

Décidez la forme juridique avant l’État. Choisissez ensuite l’État avant le registered agent. Lancez enfin l’EIN avant de chercher une banque.

En pratique, les dossiers qui avancent vite sont ceux où le dirigeant a tranché sa stratégie commerciale en amont. La structure suit donc le marché, jamais l’inverse.

Pour la vue d’ensemble, consultez aussi mon guide complet sur la création d’une filiale américaine. Vous y trouverez notamment chaque étape détaillée.

Vous voulez valider votre calendrier avant de dépenser le premier euro ? Prenez rendez-vous avec moi pour un diagnostic de votre projet. Vous pouvez également découvrir la méthode que j’ai développée pour structurer une entrée sur le marché américain.

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un conseil juridique. La réglementation évolue régulièrement. Je vous recommande de consulter un professionnel qualifié en droit des sociétés américain pour votre situation spécifique.

Christina Rebuffet-Broadus

À propos de Christina Rebuffet-Broadus

Je suis Christina Rebuffet-Broadus, et je me définis comme un "strategic operator" France<-->USA. Après avoir accompagné plus de 40 PME et ETI à conquérir le marché américain, j’ai une conviction : une stratégie ne vaut que si quelqu’un la porte sur le terrain avec vous. C’est exactement ce que je fais, et j’ai contribué à la génération de plus de 2Md$ de chiffre d’affaires pour mes clients. J’anime également le podcast "Crossing the Atlantic", et j’écris actuellement une série de livres sur l’impact de l’interculturalité sur la réussite des projets transatlantiques.

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