Le choix entre pass-through ou IS décide, plus que tout autre, du montant que vous laisserez au fisc américain. Beaucoup de dirigeants français négligent ce point, focalisés sur la forme juridique. Pourtant, la question pass-through ou IS façonne votre facture fiscale des deux côtés de l’Atlantique. Voici comment je la pose avec mes clients.
Derrière ce vocabulaire technique se cache une idée simple. Soit l’entité paie l’impôt, soit ce sont ses propriétaires. Ce basculement change toute votre stratégie.
Pass-through ou IS : deux logiques opposées
Le régime pass-through, ou transparent, ne taxe pas l’entité. Ses résultats remontent vers les associés, qui les déclarent à leur niveau. La LLC fonctionne ainsi par défaut.
Le régime IS, l’impôt sur les sociétés, taxe l’entité elle-même. Aux États-Unis, la C-Corp paie 21 % d’impôt fédéral (IRS), avant toute distribution aux actionnaires.
Autrement dit, choisir pass-through ou IS revient à choisir qui porte l’impôt, et à quel moment. Cette décision précède souvent le choix de forme lui-même.
Le lien avec la forme juridique
Une LLC est transparente par défaut, mais peut opter pour l’IS. Une C-Corp est toujours à l’IS. La forme et le régime sont liés, sans être identiques.
Je détaille cette articulation dans mon guide sur la structure LLC ou C-Corp pour une PME française. La forme ouvre les options, le régime fixe la fiscalité.
Les avantages du pass-through
Le pass-through évite la double imposition. Vos bénéfices ne sont taxés qu’une fois, au niveau des associés. Pour rapatrier des profits en France, c’est souvent plus lisible.
De plus, il simplifie la remontée de trésorerie. Pas de dividende formel à décider, les résultats sont réputés distribués. La gestion s’en trouve allégée.
En revanche, un associé français doit intégrer sa quote-part de résultat américain dans sa propre fiscalité. La convention France-États-Unis encadre alors le traitement pour éviter la double imposition.
La contrepartie déclarative
Le pass-through n’est pas sans obligations. Une LLC détenue par un non-résident doit produire des déclarations spécifiques, comme le formulaire 5472 (IRS).
Par ailleurs, si l’activité est effectivement liée aux États-Unis, le revenu y reste imposable. La transparence ne fait pas disparaître l’impôt américain, elle en déplace la charge.
Les avantages de l’IS
L’IS crée une barrière fiscale nette. L’entité paie son impôt, et vous n’êtes taxé personnellement que lors d’une distribution effective. Tant que vous réinvestissez, la seconde couche attend.
Ce mécanisme favorise la croissance financée en interne. Une société qui réinjecte ses profits sur le marché américain profite d’un différé d’imposition au niveau de l’actionnaire.
De plus, l’IS isole proprement la fiscalité américaine de la fiscalité française. Pour une détention par une société mère française, cette séparation simplifie souvent les choses.
Le prix de cette barrière
La contrepartie, c’est la double imposition au moment de distribuer. L’entité a déjà payé 21 %, puis les dividendes sont taxés au niveau de l’actionnaire.
Cependant, cette double couche ne se déclenche qu’à la distribution. Si votre stratégie est de réinvestir des années durant, l’IS peut se révéler très efficace.
Comment je tranche entre pass-through ou IS
Je pars toujours de votre horizon. Rapatriez-vous vite les profits, ou les réinvestissez-vous longtemps sur place ? Cette question oriente presque à elle seule le choix.
Un rapatriement rapide favorise souvent le pass-through, qui évite la double couche. Un réinvestissement long favorise l’IS, qui diffère l’impôt de l’actionnaire.
Ensuite, je regarde qui détient l’entité. Une détention par une société française pousse vers l’IS, une détention par des personnes physiques ouvre davantage le pass-through.
Le rôle décisif de la convention fiscale
Quel que soit le régime, la convention France-États-Unis intervient. Elle attribue les droits d’imposition et prévoit des mécanismes de crédit d’impôt.
Mais elle ne s’applique pas seule. Il faut la documenter et produire les bons formulaires. C’est le genre de détail qui distingue un montage propre d’un montage risqué.
Pour comprendre les implications fiscales voisines, lisez aussi mon article sur les implications fiscales d’une LLC ou S-Corp.
Un exemple chiffré pour comparer
Prenons 100 000 dollars de bénéfice américain, sur une année. Voyons ce que donne chaque régime, sans entrer dans les cas particuliers.
En pass-through, ces 100 000 dollars remontent vers les associés. Ils sont imposés une seule fois, à leur niveau, selon leur situation et la convention fiscale.
En IS, l’entité paie d’abord 21 % d’impôt fédéral, soit environ 21 000 dollars. Si rien n’est distribué, l’actionnaire n’est pas taxé cette année-là.
Ce que révèle la comparaison
La comparaison pass-through ou IS ne se joue pas sur une seule année. Elle se joue sur toute la durée pendant laquelle vous conservez et distribuez vos profits.
Si vous distribuez chaque année, le pass-through évite la double couche et l’emporte souvent. Si vous réinvestissez longtemps, l’IS diffère l’impôt de l’actionnaire.
Autrement dit, le bon régime dépend de votre comportement de distribution, pas d’un taux affiché isolé. C’est la dynamique dans le temps qui compte.
L’impôt d’État s’ajoute au calcul
N’oubliez jamais l’échelon local. Au-delà des 21 % fédéraux, chaque État applique sa propre fiscalité, qui varie fortement d’un territoire à l’autre.
Certains États, comme le Texas ou la Floride, allègent la note. D’autres, comme la Californie, l’alourdissent. Votre choix d’implantation modifie donc le calcul pass-through ou IS.
Par conséquent, simulez toujours votre cas avec l’État réel d’opération. Un raisonnement uniquement fédéral donne une image tronquée de votre fiscalité.
Mon conseil pour éviter les erreurs
Ne choisissez jamais pass-through ou IS sur la seule base du taux affiché. Le vrai coût dépend de votre calendrier de distribution et de votre situation en France.
Simulez les deux scénarios sur trois ans, distribution comprise. C’est le seul moyen de voir laquelle des deux logiques vous coûte le moins au total.
La fiscalité américaine se pense toujours en tandem avec la fiscalité française. Un choix optimal d’un seul côté peut être médiocre une fois les deux tableaux réunis.
Gardez aussi à l’esprit que le régime n’est pas gravé dans le marbre. Une LLC peut opter pour l’IS, et une réorganisation peut faire évoluer votre situation. Le choix pass-through ou IS se réexamine à chaque étape de croissance, pas une fois pour toutes.
Vous hésitez entre pass-through ou IS pour votre entité américaine ? Prenez rendez-vous avec moi pour un diagnostic personnalisé, et simulons ensemble les deux scénarios sur votre cas réel. Vous pouvez aussi découvrir la méthode que j’ai développée après vingt ans sur le terrain.
Réservez votre créneau avec moi, et choisissez votre régime fiscal en connaissance de cause.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un conseil fiscal. La réglementation évolue régulièrement. Je vous recommande de consulter un professionnel qualifié en fiscalité internationale pour votre situation spécifique.
Sources : Internal Revenue Service (IRS), convention fiscale entre la France et les États-Unis, informations publiques disponibles sur irs.gov.

